Cobes à croissant et defassa

COBES À CROISSANT ET DEFASSA

Le cobe est une grande et belle antilope de la famille des reduncinés qui regroupe les antilopes de taille moyenne à grande qui vivent dans les milieux les plus humides. Deux espèces sont à distinguer: le cobe defassa et le cobe à croissant. Le cobe à croissant comme son nom l'indique porte un croissant sur la croupe alors que le cobe defassa présente une grande tache blanche. On trouve le cobe defassa dans les savanes mésiques de l'ouest de la vallée du Rift de la Zambie au Sénégal et la Gambie en passant par le Kenya et l'Ethiopie et la bande sahélienne. il est en revanche absent au Sahara et évite les grandes forêts denses du bassin du Congo. Le cobe à croissant est présent à l'est de la vallée du Rift du Kenya au Nord de l'Afrique du Sud en passant par la Tanzanie et le Mozambique. Les deux espèces sont parfois sympatriques notamment au Kenya et en Tanzanie et peuvent s'accoupler et donner naissance à des hybrides.

Cobe defassa (Moremi, Botswana)

MENSURATIONS

Cobe à croissant

Longueur : 177 cm-235 cm 

Hauteur au garrot : 100-136 cm

Poids : M= 170-250 kg ; F= 150-200 kg

Cobe defassa

Longueur
: 175-235 cm

Hauteur au garrot : 120-136 cm

Poids : M= 198-262 kg ; F= 161-214 kg

ECOLOGIE

Habitat : Les cobes ne sont jamais éloignés de l'eau et on les trouve fréquement dans les zones boisées, les forêts galeries, les savanes humides, les savanes arborées et les marais. Les cobes defassa peuvent survivre dans des savanes plus sèches et des milieux plus ouverts comme les plaines à condition qu'une source d'eau permanente soit à proximité.

Nourriture: Les cobes se nourissent principalement de plantes herbacées et de roseaux et plus rarement de feuillage afin de satisfaire leurs besoins en protéines. 70 à 95% de leur régime alimentaire est composée de plantes herbacées diverses (Cerling et al.). Des études ont démontré que les cobes ont un besoin en protéines quatre fois supérieur à celui des autres espèces de bovidés herbivores. Ce régime hyper protéiné explique par ailleurs sa dépendance à l'eau dans la mesure où l'excès d'urée nécessite d'être évacuée à travers l'eau consommée. Les cobes n'ont par ailleurs aucune adaptation pour conserver l'eau en cas de fortes chaleurs ou dans un environnement aride à l'inverse des autres antilopes ce qui explique par ailleurs leurs besoins en eau supérieurs à la moyenne des autres antilopes.

Structure sociale et comportement : Les cobes sont des antilopes sédentaires et territoriales. Les femelles sont sédentaires et vivent dans de petites hardes d'une dizaine d'individus tout au plus rassemblant plusieurs femellles et petits au sein de domaines vitaux de 200 à 600 ha qui se superposent et englobent les territoires de plusieurs mâles. Les mâles établissent des territoires vers l'âge de cinq ans dont l'existence est révélée par la présence du mâle et son odeur qui jour un rôle prépondérant dans la vie sociale des cobes. En effet, le pelage des cobes émet une sécrétion huileuse qui non seulement imperméabilise leur pelage mais qui dégage également une odeur assez forte révélant ainsi leur présence et permettant leur identification. Les fèces ne sont pas utilisées pour le marquage du territoire. L'odeur corporelle est suffisante pour signifier à un autre cobe qu'un territoire est occupé. Les mâles territoriaux tolèrent les autres mâles à condition qu'ils adoptent une posture de soumission. Lorsqu'un mâle étranger approche un mâle territorial, ce dernier présente son profil à l'intrus, tête haute, cou rigide et arqué ce afin de mettre en évidence la circonférence de leur cou, leur taille et la longueur de leurs cornes. Une érection sera souvent présente également. Si l'intrus continue son approche, le mâle territorial présente ses cornes, si l'intrus n'adopte pas une posture de soumission en baissant la tête à l'horizontale, cornes pointées vers l'arrière et en ouvrant la gueule un combat peut s'enclencer cornes contre cornes. Contrairement aux idées reçues, les mâles les plus imposants disposant des cornes les plus longues ne sont pas forcément les vainqueurs. Bien au contraire, de longues cornes témoignent d'un manque d'expérience en combat et leurs porteurs sont souvent timides. Les mâles rompus au combat ont souvent des cornes abîmés et dentés. Les combats entre mâles matures sont rares. Les combats sont souvent l'oeuvre de jeunes mâles immatures entre eux ou lorsqu'un jeune mâle tente de chasser un mâle territorial de son territoire. Lorsqu'un mâle territorial est chassé de son territoire, il finit souvent sa vie en solitaire à la marge même s'il peut lui arriver d'essayer de le récupérer ou de former un territoire plus petit dans des milieux moins favorables éloignés d'un point d'eau. En revanche, ils ne rejoignent pas les hardes de mâles célibataires composés en général de jeunes mâles immatures en quête de territoire. 

Les mâles tentent de retenir les femelles qui traversent leur territoire et tentent de tester leur réceptivité en reniflant leurs croupes pour les inciter à uriner. Le mâle recueille l'urine sur son museau et dans sa gueule et exécute le flehmen (retroussement des lèvres afin de permettre aux phéronomones contenues dans l'urine de la femelle d'atteindre l'organe de Jacobson situé au niveau du palais) pour déterminer sa réceptivité. Si la femelle est réceptive, il execute le laufschlag (coup de la patte postérieure tendue du mâle entre les pattes postérieures ou à l'abdomen de la femelle) marquant le début de l'accouplement. Il peut également arriver au mâle de s'asperger le coup et la tête d'urine pendant l'accouplement ce qui aurait pour vocation de dissuader les autres mâles de perturber le rituel d'accouplement (Kingdon). Il peut arriver que la femelle sollicite l'accouplement lorsqu'elle en période d'oestrus. Elle courbe alors le dos et peut aller jusqu'à renifler les organes génitaux des mâles et la base de leurs cornes et peut même aller jusqu'à les monter.


Les cobes sont autant actifs de jour que de nuit. Ils passent plus de la moitié de la journée à se nourrir, plus particulièrement à l'aube et en fin de journée, mais ils se nourrissent également la nuit. Les femelles passent plus de temps à se nourrir que les mâles. Les cobes accordent très peu de temps au repos. Selon Kingdon, 3% à 18% tout au plus de leur temps est dédié au repos.

Reproduction : Les cobes se reproduisent toute l'année et la période de gestation varie entre 255 et 270 jours. Le jeune naît à l'écart et reste caché dans la végétation pendant trois semaines. La femelle rend visite plusieurs fois par jour pour lui permettre de têter. Les jeunes sont sevrés au bout de 6 à 8 mois. Au bout de trois semaines, il rejoint la harde avec sa mère. 

Prédateurs : Une rumeur prétend que la sécrétion huileuse émise par les cobes repoussent les prédateurs ce qui expliquerait qu'ils soient rarement attaqués. Ceci n'a jamais été vérifié. En réalité, il se pourrait que l'habitude des cobes de se réfugier dans l'eau en cas d'attaque expliquerait en partie pourquoi ils ne sont pas plus souvent au menu des grands prédateurs. Les hyènes tachetées, les crocodiles du Nil suivis des lions et des meutes de lycaons sont les principaux prédateurs des adultes. Il existe également des cas avérés de prédation de léopards sur des cobes adultes. Les guépards, surtout les coalitions de mâles adultes, peuvent s'en prendre occasionnellement aux adultes. Toutefois les léopards et les guépards ciblent en général les subadultes ou les jeunes qui sont moins imposants et moins dangereux surtout pour les prédateurs solitaires. En effet, les cobes adultes ne sont pas des proies faciles même pour un lion solitaire. Les mâles feront parfois face à un lion solitaire, un léopard, un guépard ou une hyène tachetée solitaire. Une femelle a réussi à faire fuir un guépard qui voulait s'en prendre à son petit en le menacant de ses sabots. Les cobes se réfugient également dans l'eau lorsqu'ils sont poursuivis par des prédateurs chassant en meute comme les hyènes tachetées et les lycaons. Cette stratégie n'est pas toujours payante s'agissant des lycaons qui n'hésitent pas à se jeter à l'eau pour saisir le cobe et le ramener vers la berge.  Les jeunes sont également la proie des hyènes, des chacals et des pythons.

Meilleurs endroits pour les voir : Les cobes sont des antilopes relativement communes dans toute les grandes réserves d'Afrique australe et orientale. Les plus grandes concentrations se trouvent à Nakuru, Masai Mara (Kenya), Serengeti, Manyara (Tanzanie), Moremi, Chobe (Botswana) et Mana Pools (Zimbabwe)