Gérénouk (Litocranus walleri)

Le gérénouk ou "gazelle-girafe" du fait de son long cou qui évoque le grand mammifère bien connu est une grande et fine gazelle endémique à l'Afrique de l'Est. Elle est inféodée aux milieux arides et aux savanes sèches buissoneuses. À l'instar des autres antilopes de désert (oryx, éland et autres gazelles) elle possède un système de régulation thermique afin que sa température cérébrale reste inférieure à la température maximale de son corps. On distingue deux sous-espèces de gérénouk: le gérénouk du nord (Litocranius sclateri) et le génénouk du sud (Litocanius walleri). Les deux sous-espèces sont très similaires et il est très difficile de les distinguer. Le gérénouk du nord est présent dans la corne de l'Afrique et plus particulièrement en Ethiopie, en Somalie et à Djibouti.  Il est sensiblement plus grand que le gérénouk du sud, un coup plus long et des cornes plus courtes. Le gérénouk du sud est présent également en Ethiopie, en Somalie, au Kenya et en Tanzanie.

Gérénouk du sud

CARACTERISTIQUES PHYSIQUES :

Longueur: 1,40-1,60 m

Hauteur au garrot: 80-120 cm

Poids: F= 28-45 kg ; M= 31-52 kg

ECOLOGIE :

Habitat: Semi désert à la savane buissonneuse et arborée sèche. Il évite les élévations et les milieux ouverts.

Nourriture : Exclusivement phyllophage, le gérénouk se nourrit surtout des feuilles d’acacia, des pousses, des fleurs et des fruits. Son anatomie est entièrement adaptée à son régime alimentaire. Son long cou et sa faculté à se dresser sur ses pattes arrières lui permettent d'atteindre le feuillage hors d'atteinte des autres antilopes phyllophages lui donnant un avantage sur ses concurrents.

Comportement : Le gérénouk vit en petits groupes de 5 ou 6 individus pouvant regrouper un mâle et des femelles. Des rassemblements pouvant compter une vingtaine d'individus peuvent se produire en période d'abondance. La structure sociale est assez souple et les liens entre les individus d'un groupe sont assez faibles. La seule structure stable est celle de la mère et de son petit. Les gérénouks mâles et femelles peuvent également vivre en solitaire. Les femelles accompagnée de petits peuvent s'associer sur le court/moyen terme. Les mâles adolescents peuvent former des hardes de célibataires.

Les mâles adultes sont territoriaux et marquent leur territoire en marquant les tiges des plantes d'une sécrétion émise par leurs glandes suborbitales protubérantes mais ) également par l'urine et leurs fèces ou visuellement en se tenant fièrement en évidence au milieu de leur territoire à l'instar des topis et des bubales. 

Les femelles ont des domaines vitaux qui se chevauchent et peuvent inclure le territoire de plusieurs mâles. Ces domaines vitaux dépassent rarement 4 km2 et s'étendent de 1,5 à 3, 5 km2. 

Les mâles adultes dominent les femelles lorsqu'ils se retrouvent dans des hardes mixtes ou lors de rencontres fortuites. Une femelle peut être chassée par un mâle si elle convoite la même source de nourriture que lui. Les autres mâles ne sont pas tolérés par le mâle territorial.
Toutefois les combats entre mâles sont rares. Des démonstrations de force comme l'encornage de la végétation alentour ou du sol sont suffisantes pour décourager les challengers potentiels. Le coup long et gracile du gérénouk ne lui permet pas de soutenir des joutes prolongées crâne contre crâne. Les mâles se contentent d'entrelacer leurs cornes et de donner des petites poussées soudaines et vigoureuses. Le fait de relever la queue est une posture de soumission.

Reproduction : La femelle est sexuellement mature à partir d'un an. La gestation est de 28 à 29 semaines. La parade nuptiale du gérénouk est celle des antilopinés. Le mâle approche la croupe de la femelle et donne un coup de sa patte antérieure tendue sur les pattes postérieures de cette dernière ("laufschlag") amenant cette dernière à uriner. Le mâle recueille l'urine et teste la réceptivité de la femelle en adoptant la posture de flehmen. Si elle est receptive, le mâle se dresse sur ses pattes postérieures pour la copulation, les pattes antérieures pendant de chaque côté de la croupe de la femelle. 

A la naissance, le faon reste caché dans les hautes herbes. La femelle le lèche pour retirer toute odeur et mange son placenta. Pendant les premières semaines, la femelle rejoint le petit de manière périodique pour lui permettre de têter. Il commence à suivre sa mère au bout d'un mois.

Prédateurs: Le gérénouk est la proie de tous les grands prédateurs africains en commencant par le guépard, le léopard, les lycaons, les hyènes, le lion, le crocodile du Nil et le python de Seba. Les petits sont la proie des chacals, des caracals et des rapaces.

Meilleurs endroits pour l’observer: Le gérénuk n'est commun nul part mais n peut l'observer relativement aisément dans les réserves de Samburu et de Meru au Kenya. On peut les voir avec un peu de chance dans la réserve du Tarangire en Tanzanie, à l'extrême limite de son aire de répartition au sud.