Phacochère (Phacochoerus africanus)

LE PHACOCHERE

Comme l'impala, le phacochère est un animal très commun que l'on peut rencontrer aisément dans la plupart des parcs nationaux. Il fait partie de la famille des suidés qui est très bien représentée en Afrique avec le phacochère, le potamochère et l'hylochère. On distingue deux espèces : le phacochère commun (Phacochoerus africanus) qui est l'espèce la plus répandue dans toute l'Afrique subsaharienne à l'exception du Bassin du Congo et le phacochère du désert (Phacochoerus aethiopicus) présent dans le nord du Kenya, en Somalie et dans le sud de l'Ethiopie. Les deux espèces sont très similaires mais peuvent se distinguer par la forme de leurs oreilles. Le phacochère commun a des oreilles en forme de feuille alors que celles du phacochère du désert sont plus grandes avec la pointe recourbée vers l'arrière. Par ailleurs, le phacochère du désert n'a pas d'incisives sur la mâchoire supérieure et des incisives rudimentaires sur la mâchoire inférieure à la différence du phacochère commun. Les deux espèces ont des moeurs très similaires. 

Phacochères commun (Moremi, Botswana)                                                      Phacochères du désert (Samburu, Kenya)

MENSURATIONS

Longueur : 100-152 cm

Hauteur au garrot : 65- 85 cm

Poids : F= 45-75 kg (moyenne de 65 kg) ; M= 60-150 kg (moyenne de 80 kg)

ECOLOGIE

Habitat : Suidé adapté à tous les types de savane (herbeuse, arborée, sèche ou humide). On le trouve également dans bush, savanes buissoneuses, zones boisées ouvertes. Il évite les forêts denses qui sont l'habitat de l'hylochère. Bien qu'il puisse survivre dans des milieux arides, la présence d'une source d'eau reste une condition essentielle à leur présence.

Nourriture : Le phacochère est principalement herbivore et se nourrit de plantes herbacées en particulier des herbes vertes vivaces et mais également de graines et de rhizomes. Il se nourrit de plus de 34  espèces différentes de plantes herbacées (Cumming). Le phacochère se nourrit en s'agenouillant sur ses pattes avant tout en se déplacant.  Il déterre grâces à ses défenses des bulbes et des racines mais également des fruits tombés des arbres et des joncs. Les phacochères comme la plupart des suidés peuvent se faire charognard. Ils s'abreuvent au moins une fois par jours s'ils en ont l'occasion

Comportement et structure sociale : Le phacochère est un animal grégaire qui forme des hardes matriarcales composées en général d'une femelle adulte accompagnée de ses marcassins et de une ou deux jeunes femelles d'une précédente portée. En général les hardes comportent en moyenne 5 phacochères. Parfois plusieurs hardes peuvent se réunir temporairement. 
Après un an, les jeunes phacochères sont rejetés de la harde. Les jeunes mâles forment des hardes de célibataires alors que les jeunes femelles errent de leur côte en soliaire mais peuvent être rejointes par d'autres femelles d'une même portée. Les mâles matures sont en général solitaires. Ils ne rejoignent un harde que temporairement seulement si une femelle est en période d'oestrus. 

Les phacochères sont en général sédentaires et évoluent au sein d'un domaine vital qu'ils marquent l'aide de leurs glandes suborbitales et labiales. C'est au sein de ce domaine vital qu'ils investissent un réseau de terrier pouvant compter jusqu'à 10 trous qui leur servent de refuge contre le froid, la pluie et les prédateurs. Le plus souvent, ce réseau de terriers et de tunnels ont été creusés par des oryctéropes. Les phacochères entrent dans leur terrier à reculons afin de pouvoir faire face à une éventuelle menace. 

Même si les mâles vivent en solitaire, il existe une hiérarchie entre eux et ils sont généralement tolérants les uns des autres sauf lorsque deux mâles sont en compétition pour un femelle. La hiérarchie entre mâles s'établit soit lorsqu'ils sont marcassins ou lorsqu'ils rejoignent des hardes de célibataire. Cette hiérarchie semble fondée sur la taille et la force physique. Les combats entre phacochères sont causés principalement lorsque deux mâles sont en compétition pour une femelle ou lorsque deux phacochères se disputent le même terrier. Lorsque deux phacochères sont en conflit, ils s'approchent lentement l'un de l'autre tête haute et crinière hérissée. Celui qui a le plus d'assurance peut soudainement charger son adversaire qui prendra le plus souvent la fuite. Si l'adversaire fait face, le combat s'engage. Chaque adversaire tente de se repousser front contre front tout en fendant l'air latéralement avec leurs défenses supérieures et leur museau. Il peut arriver qu'un adversaire en difficulté s'aplatisse au sol, crinière et tête baissée en signe de soumission. En général, le vaincu tentera de fuir dès qu'il en aura l'occasion. L'exposition du ventre est également une posture qui marque la soumission. 

Les phacochères sont des animaux diurnes qui se réfugient dans leur terrier avant la tombée de la nuit. Lorsque le mercure est suffisamment élevé, ils émergent de leur terrier au petit matin ou y demeurent jusqu'à temps que la température s'élève. Ils se nourrissent surtout tôt le matin et en fin d'après-midi. 

Comportement reproducteur : Les phacochères se reproduisent tout au long de l'année mais dans les régions où il existe une alternance marquée entre saison sèche et saison des pluies, on observe une période de rut à la fin de la saison des pluies ou en début de saison sèche. Pendant le rut, les mâles dominants se déplacent d'une harde à une autre aux fins de repérer une laie en période d'oestrus repérable aux sécrétions noirâtres sur ses pattes postérieures et au fait qu'elle urine fréquement. Le mâle renifle l'urine afin de déterminer la réceptivité de la femelle. Une fois identifiée, il la poursuite, crinière dressée. La réaction initiale de la laie est de fuir. Le mâle la suit en claquant légèrement des mâchoires et en bondissant tout en salivant. Après l'avoir rattrappée, il pose son museau sur sa croupe pour l'apaiser et l'immobiliser en prélude à l'accouplement.

La période de gestation est de 6 mois. La laie s'isole dans son terrier pour mettre bas et donner naissance à une portée de 1 à 4 petits. La laie reste avec les marcassins la première semaine. Dans les semaines qui suivent la parturition, les petits têtent très souvent de 12 à 17 fois par jour. Ils sont sevrés au bout de 6 semaines. Les nouveaux-nés sont particulièrement vulnérables au froid et eaux de pluie qui peuvent s'écouler dans le terrier. 

Prédateurs: Les phacochères adultes sont des proies redoutables qui se défendent bravement lorsqu'ils sont acculés. Lorsqu'ils repèrent un prédateur, leur premier réflexe est de prendre la fuite et de se réfugier dans leur terrier mais ils se défendront s'ils sont attrapés ou pour défendre les marcassins. Pour ce faire, le phacochère utilise ses incisives de la machoire inférieure qui peuvent infliger des blessures redoutables qui peuvent s'infecter et il existe des cas isolés mais avérés où des phacochères ont tué des lions ou des léopards. Les guépards évitent d'ailleurs de s'attaquer aux adultes. Les lions et surtout les léopards sont les principaux prédateurs des adultes. Les lions n'hésitent pas à creuser pour déterrer un phacochère qui s'est réfugié dans son terrier et il n'est pas rare qu'un léopard attende à la sortie d'un terrier qu'un phacochère en sorte pour pouvoir le saisir. Toutefois c'est aux risque et aux périls des félins dans la mesure où il est particulièrement dangereux de suivre un phacochère dans son terrier. La mise à mort est par ailleurs particulièrement difficile en raison de l'épaisseur de son cou.  Les hyènes tachetées sont des prédateurs plus occasionnels surtout si elles sont seules. Les meutes de lycaons peuvent également s'attaquer aux adultes. Les crocodiles du Nil sont une menace constante aux points d'eau. Les petits sont la proie d'une multitude de prédateurs des lions aux guépards, en passant par les hyènes et les chacals sans oublier les babouins, les ratels, les pythons, les caracals et les grands rapaces.

Meilleurs endroits pour l’observer: On peut le voir en nombre dans toutes les réserves d'Afrique ce qui ne veut pas dire qu'il soit facile à photographier. En effet, le phacochère a une distance de fuite importante et il est assez difficile de l'approcher de près.