Zèbre de Grévy

LE ZEBRE DE GRÉVY

La sous-espèce de zèbre la plus rare c'est aussi le plus gros équidé sauvage du monde. On ne le trouve qu'en Afrique de l'Est et plus particulièrement dans le nord du Kenya et au sud de l'Ethiopie. Le zèbre de Grévy du zèbre des plaines par sa plus grande taille, la disposition des ses rayures qui sont beaucoup plus fines et nombreuses sur les flancs et ses grandes oreilles rondes. Son écologie est également radicalement différente avec un comportement et une structure sociale plus proche de celle des onagres ou de certains bovidés plutôt que celle des zèbres des plaines. 


Etalon de zèbre de Grévy (Samburu, Kenya)

MENSURATIONS

Longueur: 250-300 cm

Hauteur au garrot: 140-160 cm

Poids: F= 350-400 kg ; M= 380-450 kg

ECOLOGIE

Habitat : Savanes sèches, steppes arbustives, semi-déserts et zones arides et parfois savanes arborées d'Afrique de l'Est.

Nourriture : A l'instar des zèbres des plaines, les zèbres de Grévy sont principalement herbivores mais à la différence des zèbres des plaines ils peuvent se faire phyllophages pendant la saison sèche. En effet, 30% de son régime alimentaire est composé de feuillage (Rowen & Ginsberg). Ils sont capables de se nourrir de plantes fibreuses dédaignées par les autres herbivores ce qui lui donne un avantage. Moins dépendant de l'eau que le zèbre des plaines, une source permanente reste un élément indispensable de son habitat. Les zèbres de Grévy sont diurnes et consacrent 60% de leur temps à la recherche de nourriture. 

Comportement et structure sociale : La structure sociale du zèbre de Grévy diffère radicalement de celle du zèbre des plaines. On distingue plusieurs groupes sociaux parmi lesquelles : les groupes de juments et leurs poulains, l'étalon territorial et les groupes d'étalons célibataires. Les groupes de juments avec leurs poulains forment des associations souples et plus ou moins temporaires que l'on peut caractériser de fusion-scission  dans la mesure où ces associations sont temporaires et sans hiérarchie. Il fréquent d'ailleurs de voir des juments seules avec leurs poulains des deux dernières générations. Ces groupes de juments errent sur des domaines vitaux d'une superficie pouvant atteindre plusieurs milliers de km2 dans la mesure où les zèbres de Grévy vivent dans des zones arides pauvres de ressources alimentaires. Ils peuvent parcourir plusieures dizaines de km en une journée à la recherche de nourriture. Il arrive qu'un groupe de juments et de poulains se mélangent avec des hardes d'étalons non-territoriaux célibataires pouvant former des rassemblements de plusieurs centaines d'individus. Ces agrégations sont temporaires et s'expliquent par la présence exceptionnelle de ressources alimentaires sur une aire géographique restreinte.

Les mâles non-territoriaux sont en général de jeunes étalons qui viennent de quitter leur mère ou la harde reproductrice à la recherche d'un territoire où s'établir. Ils sont tolérés sur le territoire des mâles territoriaux sauf si une femelle en période d'oestrus est proche. Dans cette hypothèse, ils seront immédiatement chassés par l'étalon territorial.

Le mâle territorial vit en solitaire sur son territoire qui peut atteindre une superficie de 10 km2 en moyenne. L'établissement d'un territoire est stratégique dans la mesure où dans les milieux arides dans lesquels ils vivent, un territoire riche en ressources ne manquera pas d'attirer des groupes de femelles augmentant les chances pour l'étalon de se reproduire. Le territoire est marqué des latrines placées stratégiquement à la périphérie du territoire mais également par des braiements et des postures. Lorsque deux mâles territoriaux se rencontrent, ils s'approchent l'un de l'autre tête haute en arquant le cou et se touchent le museau et font reposer leur tête sur la croupe ou l'épaule de l'autre suivie par une séance de défécation. La domination est également indiquée par l'adoption d'une posture fière et droite. Si cette posture est insuffisante pour décourager un mâle au statut inférieure, l'étalon se fait menaçant en baissant les oreilles et en faisant mine de mordre et en faisant fouetter sa queue sur les flancs. Cette posture est également utilisée lorsque les zèbres se sentent menacés. Les combats sont rares chez les zèbres de Grévy et  sont souvent causées par la présence d'une femelle en oestrus que se disputent deux mâles. Les jeunes étalons peuvent d'adonner à des joutes amicales lorsqu'ils sont au sein de hardes de célibataires afin de déterminer une hiérarchie. Les formes de combat chez les zèbres de Grévy sont semblables à celles du zèbre des plaines.  Les zèbres se combattent à genoux et se tournent autour en tentant d'attraper le jarret de l'adversaire avec leurs dents ou en se mordant le cou et la tête. Ils peuvent également se cabrer et distribuer des coups de sabots de leurs pattes antérieures. Tout solitaire qu'il soit, le mâle territorial n'est pas asocial et apprécie la présence de mâles subordonnés à condition qu'ils ne remettent pas en cause ses droits d'accouplement exclusifs sur son territoire. Les femelles bénéficient parfois de la présence des mâles territoriaux qui les protègent du harcèlement des mâles non-territoriaux.


Comportement reproducteur : La saison de reproduction a lieu en général au début de la saison des pluies. La jument attire l'attention de l'étalon en urinant fréquemment. Ce dernier approche la femelle lentement en adoptant une posture droite et fière et en lui reniflant la croupe. La femelle peut lui reniffler le museau et tourner la tête vivement avant de s'enfuir. Le mâle la poursuit parfois en tentant de la monter pendant la course. Il procède à l'accouplement après avoir apaiser la femelle après force braiements et en adoptant des postures de domination. 

La période de gestation est d'un an. La femelle est très agressive dans les jours qui suivent la naissance et chassent tous les zèbres qui s'approchent de son petit. Il est sevré au bout d'un an et se sépare de sa mère au bout de trois ans.

Prédateurs : Les lions, les meutes de hyènes tachetées et dans une moindre mesure les meutes de lycaons lorsqu'ils sont encore présents sont les principaux prédateurs des adultes avec les crocodiles du Nil. Le zèbre de Grévy est une proie encore plus difficile que le zèbre de plaines car il est beaucoup plus gros. Sa ruade est tout aussi mortelle et même les lions auront fort à faire pour maîtriser cet animal vigoureux qui peut lui briser la mâchoire. Les guépards et les léopards s'attaquent aux poulains et aux subadultes tout comme les hyènes.

Meilleurs endroits pour les observer: Les parcs de Samburu,  Meru et Laikipia au Kenya sont les seuls parcs où l'on peut observer facilement les zèbres de Grévy. Ils y cotoient les zèbres des plaines. On en trouve un petit peu au sud de l'Ethiopie.