Gemsbok (Oryx gazella)

LE GEMSBOK

Le gemsbok est un membre de la prestigieuse famille des hippotraginés. C'est une espèce très proche de l'oryx beisa d'Afrique de l'Est mais le gemsbok est plus imposant et son aire de répartition se limite aux zones arides l'Afrique australe du désert du Namib aux confins du désert du Kalahari.

Le gemsbok tout comme l'oryx beisa grâce à ses adaptations physiologiques est capable de supporter des températures extrêmes jusqu'à 45°C et peut survivre dans des milieux hostiles où l'eau est rare. Son écologie est similaire à celle de l'oryx beisa.

Certains auteurs comme Castello font mention d'une sous-espèce de gemsbok, le gemsbok d'Angola (Oryx gazella blainei) qui se distingue du gemsbok du Kalahari par ses marques faciales plus étroites et son pelage plus clair. Cette distinction reste controversée.

Gemsbok (Hwange, Zimbabwe)

CARACTERISTIQUES PHYSIQUES :

Longueur: 180-200 cm

Hauteur au garrot: 120-125 cm

Poids: F= 180-210 kg; M= 200-275 kg

ECOLOGIE :

Habitat : Le gemsbok est inféodé aux milieux ouverts, arides et semi-arides d'Afrique australe. Il fréquente également les savanes ouvertes et arborées souvent composées d'acacias. On le trouve également dans les dunes, les lits asséchés et les montagnes arides. 

Nourriture : Le gemsbok est principalement herbivore et occasionnellement phyllophage pendant la saison sèche. Les plantes herbacées dont ils se nourrissent sont des herbes courtes et fibreuses. Pendant la saison sèche ils se nourrissent de bourgeons d'acacia, de melons tsama mais également de comcombres de gemsbok (A. naudinianus) qui permettent de compenser leur besoin en eau. Selon le zoologue Michael Knight, ils évitent en revanche Schmidtia kalahariensis lorsque ces herbes sont vertes pendant la saison des pluies car elles contiennent un composé chimique irritant. Tout comme l'oryx beisa, le gemsbok peut se passer d'eau pendant de longues périodes mais peut boire jusqu'à 21 litres tous les cinq jours lorsqu'un point d'eau est disponible (Knight). Le gemsbok fréquente également les salines afin de satisfaire ses besoins en minéraux. En raison des conditions hostiles du milieu désertique dans lequel il vit, le gemsbok est économe de ses mouvements et effectue en moyenne 10 km par jour à la recherche de nourriture (Knight).

Comportement et structure sociale : On distingue trois structures sociales différentes: la harde mixte, la harde reproductrice et les mâles solitaires. En général, les hardes mixtes comportent une dizaine d'individus mais peuvent également en compter plusieurs centaines. En réalité, il s'agit d'aggrégations de plusieurs hardes qui se forment pendant la saison des pluies.  Les hardes mixtes fonctionnent selon le même modèle que l'oryx beisa et les mêmes développement peuvent être repris ici. Ces hardes mixtes sont nomadiques et sont menées par une femelle dominante qui contrôle les mouvements de la harde et un mâle dominant reproducteur dont le statut est supérieur à toute femelle. Les mâles non-reproducteurs et non-territoriaux ont un statut inférieur aux femelles. La hiérarchie est déterminée par l'âge et le laps de temps passé dans la harde. 

La harde reproductrice se rencontre surtout dans les zones les plus arides où les pluies sont très rares (moins de 100mm). Elle est surtout constituée de plusieurs femelles et de leurs jeunes accompagnées parfois d'un mâle qui abandonne alors son territoire pour suivre la harde (Knight).

Il semble que le gemsbok soit plus sédentaire que l'oryx beisa. Les mâles dominants sont territoriaux. Ils marquent leur territoire de leurs excréments déposés dans des latrines disposées à des endroits stratégiques et voyants comme un arbre ou un rocher à la périphérie du territoire. Le mâle adopte également des postures d'intimidation pour éloigner les autres mâles en raclant le sol de ses pattes ou en encornant la végétation alentour. Tout comme l'oryx beisa, il a recours aux mêmes postures pour indiquer sa dominance et la manière de combattre est similaire. L'une des postures les plus courantes et la posture droite tête inclinée dans la direction opposée à l'adversaire de telle sorte que la pointe des cornes droites, longues et effilées soient dirigées dans la direction de la tête de l'adversaire. Le mâle dominant peut également maintenir ses cornes droites en hochant la tête par intermittence. Le mâle subordonné répond en baissant la tête menton rentré. Les combats sont rares mais spectaculaires. Ils se produisent en général entre mâles de statut équivalent qui se disputent une femelle en période d'oestrus ou l'accès à un point d'eau. Dans le cadre d'un combat, les mâles entrechoquent la base de leurs cornes ou essaient de donner des coups en diagonale avec la face avant de leurs cornes. Ils peuvent également se tenir tête bêche et essayer de s'embrocher avec la pointe de leurs cornes en donnant des coups ves l'arrière par dessus leur épaule. Malgré la puissance de l'oryx et la dangerosité des cornes effilées, les issues fatales restent rares. Les mâles territoriaux essaient de retenir les hardes mixtes et les hardes reproductrices au sein de leur territoire. Ils tolèrent les mâles non-territoriaux à condition que ces derniers marquent leur soumission à travers la posture tête basse. Les mâle non-territoriaux s'écartent en général rapidement de l'approche d'un mâle dominant.

Les mâles non-territoriaux et les femelles occupent des domaines vitaux variant de 1400 à 3074 km2 pour les femelles et jusqu'à 3600 km2 pour les mâles (Knight). Tout comme chez l'oryx beisa et contrairement à la plupart des espèces d'antilope, les hardes de mâles célibataires sont rares et se trouvent principalement au sein des hardes mixtes.

Reproduction : La reproduction a cours tout au long de l'année. La période de gestation varie est d'environ 255 jours. La femelle est sexuellement mature au bout de 18 mois ou deux ans. 

La parade nuptiale précédant l'accouplement est sensiblement la même que chez les autres antilopes mais diverge par certains aspects. L'approche est différente. Le mâle effectue des cercles autour de la femelle en posture droite pendant que celle ci adopte une posture de soumission en baissant la tête. La femelle laisse rarement le mâle approcher frontalement et peut le repousser. Cette dernière finit par s'accroupir et uriner. Le mâle recueille l'urine à travers la posture du flehmen (Le mâle recueille l'urine dans ses narines et ouvre la gueule pour permettre aux molécules contenues dans l'urine d'entrer en contact avec l'organe de Jacboson situé dans le palais de l'animal qui va permettre d'analyser la réceptivité de la femelle). Si la femelle est réceptive, le mâle effectue le laufschlag (coup de patte antérieure tendue en direction des pattes postérieures de la femelle ou de son abdomen) avant de procéder à l'accouplement.

Le petit est sevré au bout de 4 mois. Il passe les premières semaines caché et immobile dans la végétation. Sa mère lui rend visite deux à trois fois par jours pour lui permettre de têter. Une fois sevré il rejoint la harde avec sa mère. Au bout de quelques mois, les jeunes mâles rejoignent des crèches alors que les jeunes femelles restent au sein de la harde avec leur mère.

Prédateurs : Les lions, les hyènes tachetées et les meutes de lycaons sont les principaux prédateurs des adultes. Les études de Gus Mills dans le Kalahari ont montré qu'il fallait en moyenne 4 hyènes tachetées pour venir à bout d'un gemsbok adulte. Si les gemsboks cherchent en général leur salut dans la fuite, ils n'hésiteront pas à faire face à leurs agresseurs une fois acculés. Pour ce faire, ils s'adossent à un buisson épineux pour protéver leur croupe et leurs flancs vulnérables et présentent leurs imposantes cornes à leur adversaire.

Le léopard est un animal suffisamment puissant pour s'attaquer à un gemsbok adulte mais le risque n'en vaut pas la chandelle et il est tout à fait exceptionnel qu'un léopard s'en prenne à un gemsbok adulte en dehors de circonstances particulières (manque de proies, affaiblissement du gemsbok). Il se rabat en général sur les sub-adultes et les jeunes qui sont moins risqués à terrasser. Il en va de même pour les guépards qu'ils s'agissent de guépards solitaires ou de coalitions de mâles même si les études de Gus Mills dans le Kalahari ont montré que des coalitions de deux guépards seulement étaient en mesure de s'en prendre à un gemsbok sub-adulte. 

Les jeunes sont la proie de tous les grands prédateurs africains, y compris la hyène brune et les chacals.

Meilleurs endroits pour l'observer: La Namibie est certainement le pays où les gemsboks atteignent les plus fortes densités. On les trouve dans le désert du Namib où autour des points d'eau d'Etosha. Les gemsboks sont aussi nombreux dans le Kalahari au Botswana et au nord de l'Afrique du Sud. On le trouve exceptionnellement dans le parc de Hwange au Zimbabwe qui forme l'extrême limite de son aire de répartition.