La gazelle de Thompson du Serengeti est une petite antilope endémique à l'Afrique de l'Est.
Elle vit à l'ouest de la Vallée du Rift et est confinée dans l'écosystème du Mara Serengeti.
Elle est très similaire à la gazelle de Thompson de l'Est de la Vallée du Rift et se distingue de la seconde
par sa plus petite taille et ses marques faciales plus marquées.
Dans la mesure où les deux espèces ne sont pas sympatriques il est assez aisé de les identifier sur le terrain.

Caractéristiques physiques

Longueur: 70-90 cm

Hauteur au garrot: 66 cm

Poids: 15-17 kg

Ecologie

Habitat : Gazelle inféodée aux plaines d'herbes courtes et sèches. Selon Estes, elle fréquente de manière épisodique les savanes d'herbes hautes et savanes ouvertes arborées surtout en période migratoire.  D'après les observations de Vesey-Fitzegerald citées par Hashim et Kingdon, cette espèce a une préférence pour les savanes herbeuses qui ont été déjà broutées et visitées par d'autres espèces herbivores de grand gabarit telles que les gnous, les zèbres. Il est donc fréquent de rencontrer des gazelles de Thompson dans des zones de savanes d'herbes courtes délaissées par les autres grands herbivores. Elle résiste mieux aux périodes de sécheresse que beaucoup d'espèces d'ongulés bien qu'elle reste dépendante de l'eau à l'inverse des gazelles du Sahel comme la gazelle à cornes fines (Gazella leptoceros) et la gazelle dorcas (Gazella dorcas).

Alimentation : La gazelle de Thompson se nourrit surtout d'herbes à 90% sauf pendant la saison sèche où elle se tourne volontiers vers des non graminées, des feuilles d'arbustes ou de buissons et des fruits. Ellea cependant une préférence marquée pour les espèces d'herbes courtes. C'est pourquoi elles comptent sur les grands herbivores comme les zèbres, buffles, gnous, damalisques, bubales pour brouter les herbes hautes jusqu'à la hauteur qu'elles préfèrent rendant par ailleurs accessibles d'autres espèces de plantes dont elles raffolent. Contrairement aux zèbres qui peuvent se satisfaire de forage de piètre qualité, la gazelle de Thompson en raison de son métabolisme élevé a besoin d'herbes à hautes valeur nutritive en particulier. Elle est particulièrement avide de jeunes pousses tendres.

Comportement : La gazelle de Thompson est une espèce grégaire même si les interactions sociales restent relativement limitées. On distingue classiquement entre trois types de groupes sociaux: les groupes de femelles accompagnées ou non de leurs petits, les groupes de mâles célibataires et les groupes mixtes qui peuvent  compter des centaines d'individus là où la nourriture est en abondance ou pendant les périodes migratoires. 

Les mâles sont territoriaux. Les territoires d'une superficie variant de 10 à 30 ha sont délimités par une sécrétion déposée sur les tiges des plantes à l'aide des glandes préorbitales. Les mâles marquent également leur territoire à l'aide d'urine et de fèces déposées à des endroits stratégiques. Les mâles territoriaux essaient de retenir les femelles au sein de leurs territoire lorsqu'elles passent, se mettant en travers de leur route si elles tentent de s'échapper. Il est rare qu'un mâle puisse garder un territoire au-delà d'une année dans la mesure où le besoin de territorialité n'est pas constant. Par ailleurs, certains mâles peuvent être amener à se joindre aux troupeaux pour migrer en fonction des conditions écologiques (nourriture, habitat).

En marge des territoires occupés par les mâles territoriaux, on trouve les groupes de mâles célibataires constitués pour la plupart de jeunes mâles adultes en attente d'un territoire. Ces derniers évitent en général de se confronter aux mâles territoriaux et fuient à leur approche. Les confrontations concernent la plupart du temps des mâles territoriaux voisins de force équivalente. Le combat est engagé uniquement si les  démonstrations de force rituelles échouent. En effet, les mâles de force équivalente vont tout d'abord se jauger en marchant ou en broutant parallèlement l'un à l'autre. Cela peut être suivi d'une marche tête haute. Si ces démonstrations ne suffisent pas, le mâle territorial baisse ses cornes en direction de l'intrus. Si ce dernier ne fuit pas, le combat est engagé. Les deux individus se font face, cornes contre cornes jusqu'à ce que le plus faible rompe le combat.

Les groupes de femelles sont de composition variable et évoluent au sein d'un domaine vital allant de 1à 3 km de diamètre selon Kingdon.

Les gazelles de Thompson ont des pics d'activité tout au long de la journée. Elles se nourrissent à l'aube, à midi, au crépuscule et à minuit. Le reste du temps, elles s'allongent pour ruminer et se réfugient à l'ombre aux moments les plus chauds de la journée.

Reproduction :

La reproduction des gazelles de Thompson suit le schéma classique que l'on retrouve chez les autres antilopes. Le mâle approache la femelle tête basse en allongeant le coup à l'horizontal et touche le postérieur de la femelle du museau amenant cette dernière à uriner. Le mâle va reniffler l'urine de la femelle en utilisant la posture du flehmen afin de déterminer la réceptivité de la femelle. Si cette dernière est réceptive et si elle ne fuit pas, le mâle effectue alors le "laufschlag". Il s'agit d'un coup de la patte antérieur tendue donné par le mâle aux pattes postérieures de la femelle qui marque le début de la copulation qui s'effectue en marchant.

Les femelles donnent naissance à un petit au bout d'une gestation de 160 à 180 jours. Elles s'isolent au moment de la mise-bas dans un buisson à l'abri des prédateurs. Les jeunes restent cachés dans la végétation les  premières semaines. La mère les lèche abondemment afin de retirer toute odeur susceptible d'attirer des prédateurs. La mère les rejoint quotidiennement pour leur permettre de têter et pour les nettoyer. Passer deux mois, le jeune passe de plus en plus de temps avec sa mère et peut rejoindre le troupeau.

Bien qu'il y ait des naissances tout au long de l'année, il y a souvent un pic de naissance au moment de la saison des pluies au moment où la nourriture est abondante. Les pics de naissance permettent également de compenser les pertes occasionnées par les prédateurs. 

Prédateurs : La gazelle de Thompson adulte est la proie de tous les grands prédateurs de la savane africaine du lion aux chacals, caracals en passant par le python de Seba et le crocodile du Nil. La vitesse de la gazelle de Thompson n'en fait pas une proie facile. Le guépard est son prédateur principal suivi des lycaons et du léopard. Elle en revanche rarement la proie des lions en raison de sa petite taille et de sa vitesse. La débauche d'énergie nécessaire pour l'attraper et le peu d'énergie engrangée en retour ne rend pas la gazelle de Thompson attrayante pour le lion ainsi que pour la hyène tachetée qui préfère chasser les jeunes. Les jeunes gazelles sont également la proie des rapaces, des ratels, des servals et des chacals.

Meilleurs endroits pour l’observer: Les gazelles sont faciles à voir dans les plaines d'Afrique de l'Est notamment dans le Masai Mara, le parc de Nairobi, et à Amboseli au Kenya et dans le Parc Nationl du Serengeti en Tanzanie notamment dans la zone sud du parc.