Grand koudou (Tragelaphus strepsiceros)

Incontestablement l'une des plus belles antilopes d'Afrique avec l'hippotrague noir. Le grand koudou est encore relativement commun en Afrique australe mais il s'est considérablement raréfié en Afrique de l'Est où on ne le trouve plus qu'en petit nombre à Samburu et à Bogoria au Kenya, à Tarangire et à Ruaha en Tanzanie. Le grand koudou était considéré comme l'un des trophées les plus prestigieux par les chasseurs qui s'en sont donnés à coeur joie. Ernest Hemingway lui-même semblait obsédé par le trophée du grand koudou comme il le raconte dans "Les Vertes Collines d'Afrique".

On dénombre quatre sous-espèces de grand koudou: le grand koudou du Cap (Tragelaphus strepsiceros strepsiceros), le grand koudou du Zambèze (Tragelaphus strepsiceros zambiezensis),  le grand koudou d'Abyssinie (Tragelaphus strepsiceros chora) et le grand koudou du Soudan (Tragelaphus strepsiceros cottoni). Les distinctions entre ces différentes sous-espèces se fondent surtout sur les différences dans la disposition des rayures blanches sur les flancs de l'animal, les variations de taille et longueur des cornes. Comme souvent en taxonomie, la validité de la distinction entre ces quatre sous-espèces reste débattue. Le grand koudou du Cap a une répartition limitée à l'Est de la région du Cap. Le grand koudou du Zambèze en revanche est répandu dans toute l'Afrique Australe de la Namibie au sud de la Tanzanie en passant par le Botswana, le nord-est de l'Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Malawi et le Mozambique. C'est probablement la sous-espèce la plus grande et la plus lourde. Le grand koudou d'Abyssinie est sensiblement plus petit et plus longiline et se trouve an Afrique de l'Est du nord de la Tanzanie au nord de l'Ethiopie en passant par le Kenya. Il existe des populations résiduelles en Somalie et peut-être même en Erythrée et Djibouti. Le grand koudou du Soudan ou de l'Ouest qui est la sous-espèce la plus petite se trouve uniquement au sud-est du Tchad, à l'Ouest du Soudan et au Nord de la République Centrafricaine.

Quelquesoit la sous-espèce concernée, le dimorphisme sexuel est très prononcé chez le grand koudou, le mâle étant 150% plus lourd que la femelle. Cette dernière est par ailleurs dépourvue de cornes.

Grand koudou du Zambèze (Savuti, Botswana)

CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES :

Longueur: F : 205-217 cm, M : 213-248 cm

Hauteur au garrot: F= 121-132 cm ; M= 142-157 cm

Poids: F= 120-215 kg avec une moeyenne de 170 kg ; M= 190-315 kg avec une moyenne de 250 kg.

ECOLOGIE :

Habitat :  Le grand koudou est inféodé aux zones buissonneuses, de taillis et de fourrés. C'est une antilope typique du bush mais on le trouver également dans les savanes arborées et buissonneuses et zones boisées sèches. Il fréquente également les zones rocheuses et les collines boisées. Il n'est jamais loin du couvert végétal. Il évite en revanche les milieux ouverts, les déserts et les forêts denses. 

Nourriture : Phyllophage à 80%. On recense plus de 150 espèces différentes de plantes dans son régime alimentaire (Owen-Smith). Il se nourrit de feuillage mais également de fruits, de tubercules, de fleurs et parfois de plantes herbacées.

Comportement :

Les koudous passent plus de la la moitié du temps à se nourrir. Ils sont surtout actifs à l'aube et au crépuscule. Leur grande taille les force à se déplacer de manière significative pour trouver leur nourriture. Il leur arrive également de se nourrir la nuit. Ils restent inactifs en période de grande chaleur en se reposant à l'ombre.

Les femelles forment de petites hardes stables composées de 3 ou 6 femelles et de leurs petits. Elles évoluent au sein d'un domaine vital d'une superficie allant de3 à 25 km2 (Owen-Smith). Les liens entre les membres de la harde sont assez forts et se toilettent mutuellement. 

Les hardes peuvent être parfois plus importantes et comporter une dizaine d'individus. Les mâles s'associent au sein de hardes de célibataires informelles allant de deux à une dizaine d'individus. Il semble qu'il existe une hiérarchie entre les mâles fondée sur la taille et la longueur des cornes mais le zoologue R.D Estes ne le confirme pas. Les mâles ne sont pas territoriaux et ne sont généralement pas hostiles les uns envers les autres.

Un ou deux mâles peuvent rejoindre temporairement un groupe de femelles si une ou plusieurs d'entre elles sont en période d'oestrus. C'est uniquement dans ces circonstances que les mâles peuvent éventuellement s'affronter. En général le mâle le plus mature aura l'avantage . Pour ce faire le mâle le plus mature ou les deux adopteront la posture latérale en présentant leur profil respectif à l'adversaire en arquant le dos et dressant leur crête de poils dorsale pour amplifier leur taille respective. Le mâle le plus jeune ou le moins doté se retirera le plus souvent en feignant d'ignorer le mâle dominant mais dans le cas inverse, un combat peut s'engager. Dans cette hypothèse ils entrelacent leurs cornes tout en se poussant pour tester leur force respective. Le plus faible s'enfuit. Il peut arriver que les cornes des combattants restent bloquées et que les deux mâles meurent en conséquence. 


Lorsqu'un mâle s'attache à une harde de femelles, il teste régulièrement leur réceptivité en posant leur museau sur leur croupe les incitant à uriner. L'urine est recueillie dans la gueule du mâle et testée via la posture du flehmen où le mâle retrousse ses lèvres pour permettre aux phéromones contenues dans l'urine d'entrer en contact avec l'organe de Jacobson situé au niveau du palais. Si elle est réceptive, le mâle suit la femelle tête haute ou à l'horizontale en la posant sur son dos. L'accouplement a lieu lorsque la femelle s'arrête de marcher indiquant au mâle qu'elle est prête à s'accoupler. Le couple peuvent rester ensemble pendant deux jours.

Reproduction : Les femelles sont sexuellement matures à l'âge de 2 ou 3 ans et peuvent donner naissance tous les ans. La gestation varie entre 259 et 271 jours. Il existe des saisons de reproduction avec des pics de natalité entre Décembre et Février en fonction des localités mais les koudous peuvent se reproduire toute l'année. A la naissance, la mère lèche pour retirer toute odeur susceptible d'attirer les prédateurs. Le faon reste caché dans la végétation pendant 15 jours avant de rejoindre la harde. Sa mère lui rend visite périodiquement pour têter. 

Prédateurs: En raison du dimorphisme sexuel important entre le mâle et la femelle, les prédateurs des koudous ne sont affectés de la même manière par les prédateurs. La taille imposante des mâles les met à l'abri de la plupart des prédateurs. Ils sont souvent la proie des lions, des hyènes tachetées et plus rarement des meutes de lycaons. Les léopards mâles et les coalitions de guépards mâles sont suffisament puissants pour s'en prendre un à mâle koudou adulte ce d'autant plus qu'il ne s'agit pas d'une antilope agressive à l'instar des hippotragues malgré sa taille.  Il est cependant rare qu'un léopard ou un guépard s'attaque à un grand koudou mâle adulte mais le cas s'est déjà présenté. Il est possible de trouver des clichés sur le net de léopards ou de guépards attaquant des koudous mâles adultes. En général les léopards et les guépards s'attaquent aux femelles et aux jeunes surtout pour les guépards solitaires.
Les femelles et les jeunes sont en revanche la proie de tous les grands prédateurs africains avec en premier lieu les lions, les hyènes, les meutes de lycaons, les léopards, les guépards sans oublier les crocodiles du Nil. Les jeunes sont également victimes des hyènes brunes, des chacals, des caracals et des pythons de Seba.
Les koudous sont peu rapides. Ils utilisent une stratégie similaire à celle du guib harnaché en restant immobile dans les buissons pour passer inaperçu. Si c'est impossible, il s'enfuit en bondissant dans les fourrés. Il est capable de faire des bonds de 3m de haut.

Meilleurs endroits pour l’observer :

Il est difficile d'observer des grands koudous en Afrique de l'Est surtout dans les circuits classiques du sud Kenya et du Nord de la Tanzanie. Dans l'écosystème Mara-Serengeti, le koudou n'est présent que dans la réserve de chasse de Maswa au sud du Serengeti. Sa présence au Serengeti est épisodique. On peut le trouver avec un beaucoup de chance au sud du Tarangire mais sans grande garantie. La présence du grand koudou s'est raréfiée dans cette réserve tout comme celle du petit koudou et de l'oryx à oreilles frangées.

Au Kenya, il fut un temps où on pouvait l'observer facilement à Samburu. S'il est toujours présent dans la réserve, il est plus rare et plus difficile à observer aujourd'hui. Le lac Bogoria est probablement le meilleur endroit pour l'observer au Kenya.

En dehors du circuit classique, le Parc National du Ruaha au sud de la Tanzanie est probablement le meilleur endroit d'Afrique de l'Est pour l'observer dans de bonnes conditions.

En Afrique australe, il est plutôt commun et s'observe facilement dans le Kruger en Afrique du Sud, à South Luangwa et Kafue en Zambie, à Hwange au Zimbabwe, à Moremi et Chobe au Botswana et à Etosha en Namibie.